Sherlock 21st Century

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 Interview with a consulting criminal • Dear Irène

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MessageSujet: Interview with a consulting criminal • Dear Irène   Sam 10 Sep - 17:03



Beware the Jabberwock, my son!
The jaws that bite, the claws that catch!
Beware the Jubjub bird, and shun
The frumious Bandersnatch!




    James Moriarty était un homme de l'ombre. Il ne le cachait pas, pourtant, c'était un secret pour tout le monde - excepté Sebastian – et pour cause : personne ne connaissait son nom. Il se fondait dans la foule, s'éclipsait dans les rues bondées de la capitale britannique avec aisance : il aurait pu être n'importe qui. D'ailleurs, sans pour autant sembler réellement abordable, il ne se conformait pas vraiment à l'image qu'on pourrait avoir du plus grand criminel de Londres. Son ambition, contrairement à ce qu'il avait laissé croire à nombre de ses subordonnés, n'était pas celle des grands méchants de jeux vidéos : dominer le monde ne l'avait jamais intéressé. Quel ennui, ce serait ! Et puis, rien que de songer à la quantité d'esprits tordus, faibles, lâches qui partageraient son ambition le faisait frissonner de dégoût. Il avait un but unique, des objectifs peut-être plus modestes (encore que, c'est simplement que les simple d'esprits n'y comprenaient rien) mais, au final, il serait bien plus craint, bien plus puissant que n'importe quel dictateur.

    Il ne rechignait pas sur les moyens. Il se donnait toutes les chances de réussir ; mieux que ça, encore, il allait chercher la chance, et il la contraignait à lui obéir. Au début (et il en riait encore, parfois, en y repensant) personne n'avait eu l'intelligence de le prendre au sérieux ; et on ne pouvait pas blâmer ceux qui s'étaient laissés prendre au piège. Quelle clairvoyance il eût fallut, pour voir clair dans son petit jeu. Il ne suffisait pas d'être intelligent (il avait rencontré bien des esprits brillants sur son chemin, mais bien trop orgueilleux pour admettre qu'un gamin pouvait les devancer), non, non, il fallait le comprendre. Il fallait voir plus loin que ses sourires froids, que son mal-être de petit génie antisocial. Personne n'avait jamais douté de son intelligence : c'est son ambition redoutable qu'ils avaient sous-estimée.

    Il avait longtemps joué le rôle du génial petit conseiller de l'ombre, maintenant, ses anciens patrons travaillaient tous pour lui – ou n'étaient plus de ce monde pour le servir.

    Et le seul qui avait su le comprendre s'était vu offert la place de numéro deux du régime. Il l'avait méritée, sa jolie ascension.

    Aujourd'hui, bien qu'il ne craignait plus grand monde et qu'une bonne partie du crime londonien le respectait comme une idole quasi-divine, il était plus qu'urgent qu'il affirmât son autorité, une bonne fois pour toute. C'était une période intermédiaire, où il avait suffisamment de pouvoir et de contacts pour rester caché la majeure partie du temps, mais où, malgré tout, il devait parfois se montrer aux proies les plus coriaces. Il tenait presque de la créature mythologique : ceux qui le voyaient n'était pas voués à vivre très longtemps. Ou, s'ils lui étaient vraiment utiles, condamnés à avancer les yeux bandés, une épée de Damoclès au dessus de la tête. C'était le prix à payer.

    Il s'agissait le plus souvent de vieux criminels endurcis, peu enclins à accepter la domination d'un parvenu, certes génial, mais nouveau dans le métier. Ah, ils étaient bien optimistes et orgueilleux pour penser qu'ils faisaient encore le poids ! Moriarty préférait cependant user de la méthode fine. Il leur laissait un peu de pouvoir, juste assez de territoire pour les calmer ; il les poussait à venir, volontairement, se perdre dans son immense toile – et à s'enrouler eux même dans le fil de soie qu'il tissait. Il acceptait donc volontiers leurs entrevues et certains compromis, pour l'instant. Et en plus, il avait un as en main : Sebastian parlait plus de cinq langues Car, croyez-moi, le mafieux russe préfère que vous lui parliez dans sa langue – question de principe.

    Cela dit, il n'aurait jamais accepté de rencontrer un voleur. Quel intêret ? Ceux-là étaient assez intelligents pour ne pas le déranger avec des trivialités – et puis, ils restaient discrets, après tout, c'était leur métier. Il préférait, d'ailleurs, ne pas avoir affaire à ce genre de personnages ; il se savait suffisamment malin pour ne pas tomber dans un éventuel piège, mais ils étaient bien capable de lui faire perdre un temps précieux.
    Il n'avait jamais dérogé à cette règle d'or jusqu'à l'incident Adler. Un esprit brillant, cette Irène, il le reconnaissait, même si elle était loin d'être à sa hauteur. Elle excellait dans une autre catégorie que les mathématiques ou la cosmologie ; elle était bien plus concrète, en réalité, et brillait dans l'art du camouflage. Elle aurait pu être utile – et il aurait pu lui demander de travailler pour lui, pour eux. Bref, pour la bête criminelle qui s'emparait de Londres ; M.

    Ce n'était pas la raison principale pour laquelle il avait planifié un rendez-vous. Il mentirait s'il n'avait pas l'espoir de la faire changer d'avis – en fait, non, il était certain qu'elle finirait pas accepter , donc il ne s'en souciait guère.
    Ce qui l'intriguait était un bien plus grand mystère, du moins, à ses yeux. La relation qu'elle entretenait avec Sherlock Holmes. Rien de romantique, il le savait. C'était quelque chose de plus profond, une sorte d'attirance intellectuelle ineffable (ça faisait beaucoup de mots; mais comment définir une chose pareille ?). Adler n'était pas une princesse à sauver, et il savait que jouer à l'affect ne servirait pas à grand chose – tant mieux c'était loin d'être sa spécialité.

    Par contre, il avait des questions à lui poser, et le musée déserté serait parfait pour converser en toute tranquilité. Le parfait décor pour une confrontation intellectuelle – on ne se bat pas dans les musées, allons, un peu de respect.

    Lorsque les pas d'Irène claquèrent au bout de l'allée puis se rapprochèrent, James détourna les yeux du tableau qu'il observait, nonchalemment et regretta presque de ne pas lui avoir donné rendez-vous à l'observatoire. Mais il aurait été bien trop tenté d'utiliser leurs immenses téléscopes plutôt que discuter avec la voleuse, donc ça valait certainement mieux.

    « Irène Adler, bienvenue au musée ~ »

    Il avait presque chantonné, mais seul un fou aurait pu trouver ça rassurant.

    « Je risque de faire assez court, mais ne vous inquiétez pas ce sera clair – asseyez-vous. » Il désigna un de ces sièges sans dossier qu'on ne trouve que dans les musées et les expositions.

    « Vous avez refusé de travailler pour nous, et ce n'était pas très intelligent de votre part. Mais je ne suis pas là pour vous apprendre à survivre donc je ne m'éterniserai pas. »

    Il marqua un pause un peu perturbante – la nuit, au musée, paraît bien pesante et silencieuse.

    « Etes-vous entrée en contact avec Sherlock Holmes, récemment ? »

    A première vue, ça ressemblait à une vraie question. Mais le ton disait plutôt « Je connais déjà la réponse et ceci n'est qu'une mise en bouche destinée à te déstabiliser, je veux savoir ce que tu vas répondre, et tu es une proie, prise dans la toile de ma volonté, comme les autres. »

    Assez effrayant. La jeune femme pourrait décidément devenir l’héroïne d'Irène in Horrorland.


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